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Le Musée de la mémoire vivante présente trois expositions

« On ne connaissait rien », « Je ne savais pas comment il viendrait au monde cet enfant-là... par le nombril? »

Voici des phrases entendues lors des entrevues réalisées pour documenter l'exposition Partir pour la famille, croyances et réalités, l'une des trois nouvelles expositions du Musée de la mémoire vivante. Partir pour la famille, croyances et réalités vous plonge dans le Québec du début du XXe siècle jusqu'à la fin des années 1950. À cette époque, les jeunes couples québécois doivent fonder une famille de préférence nombreuse. Paradoxalement, ils avaient peu ou pas d'information. Tout ce qui touche la naissance fait partie de ces sujets entourés de mystères et de non-dits.

« On voyait bien que maman avait un gros ventre, mais on ne savait pas ce qu'il y avait là-dedans. » Un témoin né en 1926

C'est un volet plus intime de la vie de nos arrière-grands-parents, grands-parents et parents qui est raconté au musée. Par les récits de médecins de campagne, d'infirmières de colonie ou de ville, d'hommes et de femmes devenus parents, le visiteur reçoit de nombreuses confidences sur le mariage, la fécondité, la grossesse (état dissimulé le plus longtemps possible), l'accouchement à la maison, la mortalité infantile et maternelle, le drame des mères célibataires, l'adoption, les soins et diverses pratiques aujourd'hui oubliées.

Le visiteur se retrouve au cœur de situations parfois cocasses, quelquefois émouvantes, mais jamais banales. De la ceinture électrique du Dr Sanden pour redonner vigueur aux messieurs, au trop court livre de vie de la petite Lucille en passant par les certificats d'indulgences remis aux parents adoptifs, certains se remémorent ce qui leur a été raconté et d'autres ce qu'ils ont vécu. Bien des expressions telles : elle a du labour d'automne de fait, elle va débouler ou elle rapporte un paquet, ainsi que le passage des corbeaux ou des sauvages refont surface et sont expliquées.

Le personnel du Musée de la mémoire vivante souhaite que les visiteurs aient des souvenirs ou des expériences de vie à raconter et qu'ils n'hésitent pas à le faire lors de leur visite ou sur rendez-vous. Ces témoignages pourront être joints à la soixantaine de récits venant de partout au Québec et documentant cette exposition inspirée du livre Partir pour la famille de Suzanne Marchand, ethnologue.

Une autre exposition, Tableau de vie, plus qu'un portrait, a vu le jour au début mai au Musée de la mémoire vivante. Il s'agit d'une initiative de la peintre port-jolienne Lise Gauthier. Huit personnes, hommes et femmes de la région, ont accepté de poser pour elle et de lui confier des événements qui ont façonné leur personnalité. Ces expériences de vie sont présentes en toile de fond du portrait de chaque modèle. Des extraits de leurs témoignages, ainsi que des objets pertinents à chacun.

accompagnent en salle les tableaux. « Beaucoup de travail et de passion » a écrit un visiteur dans le Livre d'or. C'est en effet, un travail de grande qualité de la peintre qui a su saisir et transmettre la passion de ses modèles.

Léon Trépanier, journaliste-villégiateur est la troisième nouvelle exposition qui s'installe au musée. En 1905, Léon Trépanier, alors journaliste montréalais, s'éprend d'Anne-Marie Gagnon. Fille du boulanger du village, Anne-Marie est organiste à Saint-Jean-Port-Joli. Leurs fréquentations se font par correspondance et lors de quelques voyages de Trépanier vers le petit village. Ils se marient en 1906. Pour Léon Trépanier c'est la découverte d'un village en effervescence et de ses habitants. Il publie, tout au long de sa vie, dans La Presse et La Patrie, des articles rendant hommage aux artisans et aux sculpteurs de Saint-Jean-Port-Joli, ainsi qu'à la beauté des lieux. Passionné d'histoire, politicien et fin vulgarisateur, Léon Trépanier sait aussi se distraire : sa participation au club privé La Rosse qui dételle en témoigne. La découverte de ce personnage est instructive et amusante à la fois. Des sculptures et un bateau miniature offerts à Trépanier respectivement par Médard Bourgault et Eugène Leclerc sont décrits par leur fils. Le travail - techniques, gestes et inspiration - des deux artistes reconnus internationalement est expliqué par ceux qui ont grandi et appris à leur côté.

Le Musée de la mémoire vivante se consacre à la collecte et à la mise en valeur des récits et témoignages de vie. Les expositions évoluent avec l'ajout de ces souvenirs. Ainsi, l'habitué du musée découvre des nouveautés à chacune de ses visites. Ce sera le cas encore cette année dans l'exposition permanente Souvenirs de table. Une visite au Musée ne saurait être complète sans un moment passé au Jardin de pluie Veolia ou au Jardin des souvenirs. Admirer le fleuve du belvédère aménagé sur le promontoire, situé en face du musée est une agréable activité familiale.

Le Musée de la mémoire vivante est ouvert sept jours sur sept, de 10 h à 17 h. Il sera ouvert de 9 h à 18 h à compter de la Saint-Jean-Baptiste. Pour encourager la transmission intergénérationnelle des savoirs, le Musée maintient sa politique de gratuité pour tout enfant de 16 ans et moins accompagné d'un parent ou d'un grand-parent. 

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Source : Judith Douville, chargée de projet
 Musée de la mémoire vivante
418-358-0518
  j.douville@memoirevivante.org

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