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Souvenirs sous le sapin : des pièces de Céramique de Beauce

On aime recevoir, et donner, des cadeaux fait par des artisans de la région. Durant plusieurs décennies, les pièces de Céramique de Beauce ont occupé une place de choix sous le sapin et sur la table des familles québécoises.

La Céramique de Beauce est née du mouvement « Arts & Crafts » qui valorisait le travail artisanal à la fin du XIXe siècle en Europe et aux États-Unis. Dans les années '30, le ministère de l'agriculture institue l'école des arts domestique pour stimuler l'économie des campagnes. En 1939, on découvre à St-Joseph-de-Beauce de la glaise lise et malléable. Rapidement on met sur pied une école de céramique à Beauceville, on souhaite limiter l'exode rural des jeunes.

Les élèves du collège de Beauceville à l'oeuvre. 1943,  

« Les premières oeuvres sont de gros cache-pots tournés, dont les décors représentent des scènes de la nature et des traditions rurales québécoises. » (1) Paul Carpentier, ANQQ, fonds Office du film du Québec, Luce Chicou - Musée Marius-Barbeau

Philippe Lambert sculpte sa première pièce. 1943

« Philippe Lambert a été un artisan important durant toute l'histoire de Céramique de Beauce. Il se forme entièrement au collège de Beauceville avec les cours de MM. Chochard et Lewis. C'est lui qui va réaliser la plupart des modèles proposés par les designers mais il est aussi à l'origine de plusieurs services à vaisselle dont Astral en 1968, le service Décor en 1978 et Da Vinci en 1980. » (1)  Paul Carpentier, ANQQ, fonds Office du film du Québec, Luce Chicou - Musée Marius-Barbeau

Croquis des modèles vers 1955

« Philippe Lambert exécutait des petits croquis en série de ses futures pièces sur des papiers calques comme celui-ci. Ils mettent en évidence l'évolution des styles et des goûts. Ces dessins ont été sauvés de justesse par lui-même lors de l'incendie de 1974, et ils sont aujourd'hui des témoignages importants du savoir-faire de Céramique de Beauce. Philippe Lambert mentionnait en entrevue : «Les designers faisaient leurs croquis et la direction approuvait. Ensuite, moi je recevais les dessins et je devais concevoir les moules en plâtre. Mais 90 % des modèles ont été conçus par moi.» (1) Crédits : Isabelle Veilleux, Philippe Lambert, Musée Marius-Barbeau

En 1943, l'école déménage à St-Joseph et la production prendra de l'expansion: On fabrique des pièces sur commande, on les numérote et certaines sont même exposées au magasin Simpson de Toronto. En 1965, l'entreprise change de nom pour Céramique de Beauce et emploie 55 personnes. La production augmente, le nombre de modèles et les chiffres d'affaires aussi jusqu'à devenir la plus grosse entreprise du genre au Canada avec 125 employés en 1973.

Ouvrières au démoulage et à la finition des pièces vers1955

« Le démoulage des pièces et leur finition, ainsi que leur emballage étaient réservés aux femmes. Cette distribution des tâches montre l'accroissement de la production dans les années 1950.  Sur la photo, l'on peut voir la statuette #1222 du Bonhomme Carnaval. » Collection de Philippe Lambert, Isabelle Veilleux - Musée Marius-Barbeau

Pièces avec la glaçure bleu "kaléidoscope" vers 1975  Crédits : Musée Marius-Barbeau photo de Stéphane Vachon

En 1989, la compagnie fait faillite, principalement en raison de la concurrence asiatique. Elle laisse un riche héritage à la céramique québécoise et aura permis à un nombre important de beaucerons de travailler dans leur région. « La production de la Céramique de Beauce suscite un intérêt accru parmi les collectionneurs. Certains antiquaires et brocanteurs n'hésitent pas à dire que de tous les objets utilitaires crées au Québec au XXe siècle, ceux que l'entreprise a fabriqués sont les plus populaires. » (2)

Pour voir les oeuvres des artistes de Céramique de Beauce, visitez le Musée Marius-Barbeau à St-Joseph de Beauce. Le Musée propose aussi une exposition virtuelle sur le site Histoire de Chez-Nous. Plus de 400 photographies y sont présentées et on y raconte l'histoire passionnante de l'entreprise beauceronne. Visitez le site internet www.museevirtuel.ca

Patricia Côté, coordonnatrice à l'accueil et à l'information

pcote@chaudiereappalaches.com

 

Références :

Musée Marius-Barbeau, St-Joseph de Beauce

(1)    www.museevirtuel.ca

(2)    Céramique de Beauce, Daniel Cogné, Richard Dubé et Paul Trépanier, Les Éditions GID, 2007

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