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Patricia, raconte-nous une histoire! Ce mois-ci : De la visite amérindienne!

Rivière et lac Etchemin, lacs des Algonkins, Abénakis, Kennebec, Sartigan, Harlaka, Taniata ...Ces noms marquent notre quotidien et rappellent un passé amérindien dans la région.

Patricia, raconte-nous une histoire! Ce mois-ci : De la visite amérindienne!

Etchemin et Abénakis

Rivière et lac Etchemin, lacs des Algonkins, Abénakis, Kennebec, Sartigan, Harlaka, Taniata ...Ces noms marquent notre quotidien et rappellent un passé amérindien dans la région. En nommant des lieux ou en étudiant les noms, la toponymie permet de garder des traces de ce qu'a été l'histoire d'un territoire.

Cette présence fut fréquente avant l'arrivée des Français et les deux peuples se sont côtoyés et ont collaboré sur plus de 200 ans. Pourtant, bien peu d'endroits nous permettent de bien saisir l'importance de cette contribution à l'histoire de la région.
Pour cette chronique, je vous invite dans le passé de notre région, en pays Abénakis.

Premières rencontres avec les Amérindiens

Mon voyage a commencé avec la question : Quelle est l'origine des noms Etchemin et Abénakis ? Selon le livre Itinéraire toponymique du Saint-Laurent et ses iles
« Ce toponyme fait référence à la tribu des Etchemins, reliée à celle des Abénaquis. Les rivières Chaudière, Kennebec et la rivière Etchemin étaient les voies de communication utilisées pour se rendre du fleuve au territoire qui allait devenir le Maine. » (1)
Une autre source mentionne que les Malécites sont aussi parfois appelés les Etchemins. Ce nom aurait été utilisé à Tadoussac dès les premiers voyages de Champlain. Les Malécites occupaient la partie est de ce qui est aujourd'hui les régions de Chaudière-Appalaches, le Bas St-Laurent jusqu'au fleuve St-Jean au Nouveau-Brunswick et une partie du Maine.
Sur les cartes anciennes de la Nouvelle-France, la partie est de notre région est un territoire Abénakis Ces nomades occupent le territoire qui va du fleuve, autour des rivières Chaudière et Etchemin et une partie du Maine.

Carte de Champlain en 1632 (Sources; Archives nationales du Canada)

Ce territoire sera désigné sur les cartes dessinées par Champlain par le nom Etchemin et plus tard le nom Chaudière apparait pour la rivière. Les premiers contacts des Abénakis avec les Français auraient lieu en 1629. Champlain fait des alliances avec eux afin de développer un lien entre le fleuve, l'Acadie et le Maine par les rivières Chaudière et Kennebec. Ce passage permettra aux voyageurs de se déplacer et facilitera le commerce des fourrures dès la première moitié du XVIIe siècle. À cette époque, les Abénakis vivent dans de gros villages entourés de vastes champs de maïs. Le gibier et le poisson abondent. (2)

Exploration Jésuite

Un premier jésuite suivra les Abénakis le long de la rivière Chaudière. Il souhaite apprendre la langue abénaquise, baptiser les mourants et aider les malades. Les Abénakis se déplacent dans leurs campements saisonniers et le jésuite les suit. Ses voyages le mèneront jusqu'à Sartigan (aujourd'hui St-Georges) et même Cushnoc (Augusta , Maine). Signe que ces premiers contacts se déroulent bien, une petite chapelle de bois sera construite dans un village abénaquis d'une quinzaine de maisons. (3)
L'exploration des territoires de la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre et les guerres pour le partage du territoire et du commerce ont un impact direct sur la vie de ce peuple et leur exode devient nécessaire. Ils se réfugient au nord leur territoire, dans des campements saisonniers le long de la Chaudière et Etchemin.

Une mission jésuite sur la rivière Chaudière

En 1683, des terres sont concédées et les Jésuites verront à la fondation d'une mission sur la rivière Chaudière a cinq lieux (environ 50 km) de l'embouchure de la rivière Chaudière (ou se trouve aujourd'hui la paroisse Ste-Marie). (4)
Certaines années, entre 500 et 1000 Abénakis (mais aussi des Micmacs) y vivent de la pêche, la chasse et la culture du maïs et des courges. Les documents retrouvés mentionnent que l'initiation aux pratiques de la vie chrétienne de la prière occupe aussi une place importante. (5)
À la fin du XVIIe siècle, affaiblie par les attaques anglaises et iroquoises, on déplace la mission de la Chaudière, et une partie des Abénakis de la Kennebec, dans la vallée de la rivière Saint-François afin de les protéger (Odanak et Wôlinak). Des Abénakis de la Nouvelle-Angleterre s'y trouvent déjà et d'autres s'y rendront plus tard. Au côté des Français, les Abénakis participeront activement à défendre leur territoire contre les Anglais.

Maquette représentant le Fort Odanak vers 1720 (Sources; Musée des Abénakis)

Des campements estivaux à Pointe-Levy

« Habitués à fréquenter les rives du fleuve pour fraterniser avec les autres nations et à pratiquer le nomadisme, les Micmacs, Abénakis, Malécites, Hurons et Montagnais se retrouvent durant la période estivale sur les rives du Saint-Laurent. » (6) Ces rencontres se font depuis des siècles mais deviennent moins importantes au milieu du XIXe siècle. Peut-être en raison du danger des épidémies de choléra qui sévit à Québec et ensuite l'adoption de la loi pour la création des réserves en 1851.

Campement micmac à Pointe Lévy, 1839 (Sir James Archibald Hope, Musée McCord)

Ces années de cohabitation avec les Amérindiens ont permis bien des échanges. Cet héritage amérindien est non seulement présent dans la toponymie : rivière et Lac-Etchemin, Lac Algonquin, Lac des Abénaquis, Sartigan, Méchatigan, Harlaka, Taniata... mais nous le savourons aussi dans nos assiettes avec le saumon, l'anguille et l'esturgeon fumé ainsi que par la transmission du savoir de l'entaille des érables à sucre.

Patricia Côté, coordonnatrice à l'accueil et à l'information

(1) Itinéraire toponymique du Saint-Laurent et ses iles
(2)(3) (4) (5) Histoire Beauce Etchemin Amiante, p. 58-105
(6) Histoire de Lévis Lotbinière, p.53-71

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