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Cette semaine dans nos villages : Saint-Théophile!

Bienvenue à Saint-Théophile! Première localité québécoise après la frontière canado-américaine Saint-Théophile, avec ses 430 km carrés, demeure l'une des plus vastes municipalités de la région et compte 23 lacs naturels ainsi que plusieurs rivières.

 

 

 

 

 

 

 

Bienvenue à Saint-Théophile!

Secteur touristique: Beauce

Population: 761

Située au Sud de la Beauce sur les plateaux appalachiens à la frontière des Etats-Unis , la municipalité de Saint-Théophile se distingue par son immense territoire de quelques 420 km carrés occupé principalement par d'immenses forêts publiques et privées. Le territoire est arrosé de nombreux lacs et rivières naturels avec en plus le privilège d'y retrouver le grand ravage de cerf de Virginie de Armstrong .Vous trouverez une panoplie d'activités de plein-air ( motoneiges, quad, chasse, et pêche , court de tennis, terrain de balle-molle, parc à roulettes, piscine extérieure )

Première localité québécoise après la frontière canado-américaine Saint-Théophile elle compte 23 lacs naturels ainsi que plusieurs rivières. Une visite à la Zec Jaro et ses cerfs de Virginie vaut le détour. 

 

Principaux attraits:


Gens de Natashquan

Les colons qui ont fondé Saint-Théophile étaient des Acadiens qui venaient tous de Havre-Aubert, Îles de la Madeleine où leurs familles s'étaient établies en 1797, quarante-deux ans après avoir été déportées d'Acadie en 1755.

Entre temps, ils s'étaient installés dans les Carolines, puis au Massachusetts d'où ils furent à demi chassés par les Américains. Par la suite, ils furent chassés de Saint-Pierre et Miquelon par une conquête anglaise, où ils retournèrent et, chassés de nouveau par la Révolution, ils s'établirent aux Îles de la Madeleine où ils espéraient vivre sans être
menacés.

Des Îles à Natashquan

En 1798, l'Angleterre cédait les Îles de la Madeleine au seigneur Isaac Tristam Coffin qui habitait Boulogne-sur-mer en France. Très tôt, les Acadiens qui s'étaient établis aux Îles se retrouvèrent sous la tutelle du seigneur parce qu'ils n'avaient pas fait enregistrer officiellement leurs actes de propriété. Naturellement, les Anglais attribuèrent ce fait à leur ignorance et à leur négligence mais ces gens savaient fort bien que c'était cause perdue. Ils étaient conscients que quelque soient les démarches entreprises à ce sujet, tout s'avérerait inutile. Ils étaient destinés à être les victimes de l'injustice du seigneur. Monsieur Martineau dit: «ils étaient un peuple banni et les autorités ne leur devaient rien».' Par la force des choses, ils étaient donc.tous devenus serviteurs du seigneur, leur maître.

Ces Acadiens se voyaient retirer leurs droits et leurs biens. Ils avaient l'autorisation d'habiter sur leurs terres qu'ils devaient défricher et qu'ils n'auraient jamais la chance d'acquérir. Au contraire, les Acadiens étaient obligés de payer des redevances annuelles au seigneur qui pouvait lui-même en fixer le montant. Enfin, ils payaient plusieurs fois le prix de leurs terres sans jamais en devenir les propriétaires.

Sous la gérance de Colbeck, Doucet et John Menzie, ce régime était acceptable car il semble que ces hommes étaient très humains. C'est en 1852, sous la gérance de John Fontana, un Italien, que tout devint révoltant. Fontana abusa tyranniquement de son pouvoir par les injustices commises à l'égard des familles canadiennes. Sous un tel régime, le bonheur sur les Îles était impossible. Cette situation d'esclavage ne se retrouvait nulle part ailleurs dans la province.

Ces conditions de vie devenant insupportables, les gens songèrent sérieusement à émigrer une fois de plus en espérant trouver un coin paisible où ils pourraient enfin être libres. Connaissant bien la Côte Nord où ils allaient chaque année y faire la pêche, ils décidèrent de quitter les Îles pour aller s'y établir. Ils laissèrent donc derrière eux leurs familles et amis, ces terres tant espérées sur lesquelles ils avaient
dû lutter pour survivre. Ils partaient à la conquête d'une liberté nouvelle, pour ce droit de vivre humainement, en harmonie avec la nature. C'est avec la foi, le courage et la fierté qu'ils ont fondé ce beau village de pêcheurs, Natashquan.

Dès leur arrivée, en 1855, Paul, Jean, Hilaire, Placide et Ignace Vigneau, Victor Cormier et son fils Rémi, Time Chiasson et Pierre Lapierre ont contribué à l'organisation de ce village dont le havre fut vite rempli de bateaux de pêche. Peu de temps après, plusieurs autres personnes allèrent les retrouver dont Paul et Charles Vigneau, Paul Landry, Louis Talbot, Prosper Bourgeois et Thimothée Giasson. Ils
étaient tous très heureux de se retrouver et, bien que le travail fut pénible, ils remerciaient la Providence d'avoir réussi à échapper à cette tyrannie.

Dans ce paisible village qui était si éloigné et coupé de tout moyen de communication, les hivers étaient longs et rudes, et les printemps étaient souvent difficiles. On allait jusqu'à les qualifier de printemps de la «crevasse», terme qu'ils faisaient dériver du mot «crever» de faim. Leur chance de survie était la pêche pendant la belle saison. On mangeait de la morue et du hareng, et on salait le plus de poisson possible pour en avoir jusqu'à la fonte des neiges. L'hiver, les loups-marins étaient chassés en goélettes et on capturait des animaux à fourrure. Albert Carbonneau dit: «On ne connaissait pas les moteurs, il fallait profiter du bon vent et même si on avait vent debout, il fallait se résigner à louvoyer».

C'est en 1857 que deux compagnies de commerce de poissons s'installèrent à Natashquan. Hommes et femmes travaillaient à la préparation du poisson pendant la belle saison et lorsque le froid venait paralyser leurs activités, ils se livraient au travail domestique. Près du havre, les galets frileusement serrés sur un rocher attendaient qu'on les remette à la mer.

Ces gens étaient très religieux et s'en remettaient à Dieu chaque fois, qu'ils étaient éprouvés. Devant leurs chez-soi, ils avaient fixé des croix qui, faisant face à la mer, représentaient leur seul espoir.

En 1861, Natashquan avait son presbytère et sa chapelle qu'ils ont agrandis au cours des années. Cette chapelle est aujourd'hui devenue leur église. À cette époque, il n'y avait pas d'école. La mère apprenait à ses enfants à lire, à écrire, à calculer et elle trouvait toujours le temps pour une leçon de catéchisme. Il n'y avait pas de prêtre résidant dans la paroisse, un missionnaire desservait Natashquan ainsi que les paroisses environnantes. Ils furent aussi longtemps sans avoir de secours médical. Madame Willie Vigneault dit: «C'est le temps où l'on vivait toute sa vie, c'est le temps où l'on mourrait toute sa mort».

Les gens de la Côte Nord se visitaient de village en village et se rapportaient les nouvelles tant attendues de l'extérieur. Rares étaient les nouvelles qui venaient de Québec. Ils devaient vivre avec le climat rigoureux et essayer d'obtenir le plus de profit possible de leur pêche et de leur chasse. Les problèmes, eux, ne manquaient pas. Quand ce n'était pas le climat qui les menaçait, c'était le matériel, comme les
filets, qui se faisaient rares.

Vers 1881, les conditions de vie devenaient critiques dû au fait que les gains annuels étaient de moins en moins élevés. D'une année à l'autre la situation se détériorait et la pelleterie, de plus en plus rare, n'aidait guère à améliorer le sort de ceux qui souffraient de la faim. En1884 les gains étaient peu considérables L'année suivante il n'y eut aucune pelleterie, l'hiver fut rude pour plusieurs, c'était la misère qui une fois de plus venait accabler ces pauvres gens. Il était devennu presqu'impossible de payer les dépenses encourues pour survivre.

Cette même année, l'Abbé François de Borgia Boutin, vicaire de Saint-Georges de Beauce, était chargé de desservir onze missions de la Côte Nord et Natashquan devenait son lieu de résidence.

Lorsque l'Abbé Boutin est arrivé sur la Côte Nord, la pêche manquait déjà depuis quatre années consécutives. Pendant l'hiver, plusieurs familles devaient se mettre à la ration afin d'attendre les premières goélettes du printemps arrivant de Québec avec des provisions. À cette époque, le gouvernement expédiait des provisions pour les plus nécessiteux.

Voyant cette misère, l'Abbé Boutin décida d'essayer de remédier au problème et d'entrevoir la possibilité de faire transporter des familles en Beauce pour qu'elles puissent sortir de cette situation désespérante.

À la suite de plusieurs démarches, en août 1886, l'Abbé Boutin quitta Natashquan pour Québec afin de convaincre le gouvernement des besoins urgents de ses fidèles. Le premier ministre John J. Ross étudia sérieusement le problème qui se posait et décida d'envisager une sorte de plan de colonisation. Pour tous ceux qui seraient désireux d'émigrer dans la Beauce, le gouvernement provincial leur concéderait des lots, les aiderait à bâtir leur maison et les nourrirait pendant le premier hiver. Cependant, un problème demeurait majeur, qui allait payer le transport de ces personnes? Monsieur Boutin fit l'heureuse rencontre du capitaine Larochelle qui commendait la Vapeur Napoléon III desservant les phares du Golfe Saint-Laurent. C'est alors qu'il conseilla à l'Abbé Boutin de s'adresser au gouvernement d'Ottawa en disant qu'il consentait à transporter les familles qui seraient désireuses d'aller s'installer en Beauce. Lorsqu'il s'adressa à Ottawa, le prêtre reçut une réponse favorable. Le 26 septembre 1886, plusieurs personnes de la Côte montaient à bord du Vapeur Napoléon III ainsi que l'Abbé Boutin qui venait d'être nommé curé de Saint-Côme de Beauce.

De la Côte Nord à la Beauce

En ce matin du 26 septembre 1886, le Vapeur Napoléon III prenait à bord une quarantaine de familles qui partaient pour s'établir en Beauce.

Ces familles venaient en majorité de Natashquan et quelques-unes de Washtawoka, Aguanus et de Pointe-aux-Esquimaux. Après s'être rendu dans ces petits villages, le Vapeur Napoléon III accostait à Natashquan où plusieurs familles étaient parées pour le long voyage. Ces gens étaient tristes d'avoir à partir une fois de plus, et de laisser leurs amis pour s'en aller à l'étranger.

Nous ignorons combien de familles de Washtawoka et d'Aguanus partirent pour la Beauce, mais à Pointe-aux-Esquimaux deux familles s'embarquèrent soient celle de Joseph Champion et celle de Philippe Hervé. Avant leur départ, ils assistèrent aux vêpres du dimanche accompagnés des autres paroissiens du village. De là, le bateau fit le tour de l'Ile Anticosti et accosta à Natashquan où les gens allaient se joindre aux autres familles avec lesquelles ils feraient le voyage. Tous ensemble ils assistèrent à la messe et se rendirent une dernière fois au cimetière pour prier sur la tombe de leurs chers défunts et faire leurs adieux.

Le voyage fut long et pénible car ce mois était fort venteux. Dimanche le 6 octobre, ils arrivèrent à Québec et furent logés dans les hangars des émigrés, à Lévis. Dix jours plus tard, ils quittaient Lévis pour être transportés à Saint-François de Beauce où des paroissiens de Saint-Côme et de Saint-Georges les attendaient avec leurs voitures pour les amener sur le Kennebec ou à Saint-Zacharie. À cinq milles de Saint-Côme, sur le chemin Kennebec se trouvait une très grande bâtisse où au moins trente-cinq familles ont demeuré en attendant d'avoir leur propre maison.

Les familles de Natashquan qui s'embarquèrent pour la Beauce en 1886 sont les suivantes:

Les Cormier: William, Émile, Henri, Nazaire, Jean, Alfred, Victor
et son fils Rémi.
Les Lapierre: John, Adrien, Siméon et Pierre.
Les Chiasson: Gilbert, Thimothée, Henri et Gilles.
Les Bourque: Alcide, Joseph et Syllas
Les Chavari: Hypolite, Abel et Lucien.
Les Rochette: Michel et sa femme Alphonsine Boudreau.
Les Boudreau: Xavier et Dominique.
Les Bourgeois: Alphonse, Boniface et Alcide.
Les Vigneau: Eugène, Isidore, Alexandre, Hypolite, Nathaël,
Eusèbe, Jean et Hilaire.
Ainsi que les familles de Jules Gaudet, Elie Landry, Onésime Hébert, David Richard, Vilbon Petit-Pas, Jean Vellie et des Poirier dont nous ignorons les prénoms. 

Bon séjour à Saint-Théophile!

Sarah Moore

Conseillère en communications

smoore@chaudiereappalaches.com



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