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Les motos, elle connaît ça! Triton, le meilleur des deux mondes!

Apparu dans une Angleterre d'après-guerre en pleine reconstruction, le Triton est le résultat d'un assemblage et n'a jamais été produit en série.

Triton, le meilleur des deux mondes

Par Claire MARTIN, www.epopeedelamoto.com

Apparu dans une Angleterre d'après-guerre en pleine reconstruction, le Triton est le résultat d'un assemblage et n'a jamais été produit en série. Ceci ne l'a pour autant pas empêché de devenir une légende et la plus brillante illustration du café-racer d'époque.

Il n'existe pas de définition exacte du Triton car chaque engin est le fruit d'une combinaison unique mais les spécialistes s'entendent pour dire qu'il doit au minimum être constitué d'un cadre Featherbed Norton et d'un bicylindre Triumph. Les premiers apparaissent dès la fin des années 50. A l'époque, la jeunesse ouvrière des banlieues anglaises se regroupe en périphérie des grandes villes et découvre un nouveau divertissement qui consiste à courser, parfois d'un bistro à l'autre, au guidon de motos modifiées dans le but de se mesurer et d'en jeter plein la vue, la philosophie café-racer est née. Les motos sont dépouillées de tout élément superflu et souvent réassemblées avec les meilleures composantes disponibles avec comme seul objectif la vitesse. Le chiffre de 100 mph (160 km/h) est souvent l'objectif à atteindre. En général elles n'ont pas de clignotants, le faisceau électrique est minimal, les repose-pied passager ont été supprimés.

L'attribution exacte de la paternité de la première Triton est difficile à établir. Plusieurs versions courent et chacune possède certainement sa part de vérité. Immédiatement après-guerre est apparu une nouvelle forme de course automobile les Racer 500. Les bolides étaient équipés de moteurs 500 cm3 pour la plupart des Jap assez courants à l'époque mais les plus fortunés n'hésitèrent pas se procurer celui de la Norton Manx, la compagnie refusant de vendre le moteur seul. Une grande quantité de cadres Featherbed se retrouve donc sur le marché. Dans le même temps un nombre important de moteurs Triumph dont le cadre avait été endommagé par des routes difficiles ou un quelconque incident étaient disponibles. Le mariage devenait logique. Une autre rumeur attribut au jeune mécanicien Dave Degens la découverte de la Triton. L'histoire voudrait que le mécanicien dû en l'espace d'une nuit changer le moteur défunt d'une Norton Manx pour pouvoir permettre à son pilote de courir le lendemain. Le seul moteur qu'il avait à sa disposition était celui d'une Bonneville T100 qu'il installa dans le cadre donnant jour au Triton. Par la suite Degens racheta un atelier de fabrication de scooters Desda-Auto et investie son énergie à peaufiner le Triton-Desda avec lequel il finit par remporter les 24h de Barcelone en 1965. Chose certaine, le Triton associe le meilleur de deux mondes bénéficiant d'un cadre léger et rigide, reconnu pour sa tenue de route et du moteur bicylindre fiable et performant des Triumph Bonneville. Le cadre Featherbed (littéralement « lit de plumes » tant sa conduite était agréable) avait été développé à la fin des années 40 par Rex Mac Candless, un ingénieur irlandais pour équiper les célèbres Norton Manx. Pour de meilleures performances, le jeu de fonctionnement des commandes du triton est reculé et la selle double troquée pour une solo type Manx, il en résulte une position de conduite fatigante, mais cette moto exigeante n'en demeure pas moins attachante car elle est sans concession.

Aujourd'hui encore on peut dire qu'il n'existe pas un amateur d'anglaises qui n'ait un jour rêvé de posséder un Triton. Il faut savoir que son entretien demeure délicat car il ne s'agit pas d'une moto montée de série. Idéalement on n'achète pas un Triton, on se le monte ou on l'achète d'un copain qui l'a lui-même monté car construire un triton demeure une aventure et plusieurs étapes sont critiques comme l'alignement moteur-transmission. Aussi la qualité d'un Triton dépend vraiment de sa construction. Les résultats sont plus ou moins réussis. Entreprendre un tel projet demande de très bonnes connaissances en mécanique, de solides contacts avec le milieu de la moto anglaise. Les passionnés du modèle sont regroupés au sein de clubs et associations ce qui leur permet d'avoir accès à un bassin de ressources et connaissances intéressant. Les anglais ont su maintenir une activité de sous-traitance très forte et il est toujours possible de trouver les pièces détachées voire des kits « tout faits » mais là encore il vaut mieux se renseigner auprès de spécialistes et professionnels avant de se lancer dans l'aventure.

Par Claire MARTIN, www.epopeedelamoto.com

Spécialistes au Québec et ailleurs :

Le Club de Vieilles Motos Anglaises du Québec : www.cvmaq.com
Moto Montréal Cycle : www.motomontreal.com
British Cycle Supply Co : www.britcycle.com
Walridge Motors Limited : http://walridge.com
Club associatif Triton France: www.triton-france.com
Le club de propriétaires en Angleterre: www.triton-owners-club.co.uk
Facebook: www.facebook.com/TritonMotorcycles?sk=wall

Témoignage

J'ai acheté ma Triton, il y a environ cinq ans, d'un membre de notre club (CVMAQ), Daniel St-Onge, qui demeure dans la région de Trois-Rivières : Une magnifique Triton 1961, avec un moteur Triumph « pré-unit » 650cc. Elle était très belle au premier coup d'oeil, mais n'était pas complètement terminée pour être capable de m'en servir. J'ai quand même décidé de l'acheter et l'ai mise dans mon garage. Je vais la terminer moi-même au moment venu, me suis-je dit ! Je dois dire aussi un gros merci à mon chum Denis Tremblay pour m'avoir offert, à ce moment là, d'acheter ma Norton 750 en pièces détachées, ce qui m'a donné un bon coup de pouce pour faire l'achat de la Triton! Ce n'est que récemment que j'ai décidé de la terminer. Je l'ai pratiquement toute démontée ! J'avais remarqué une grosse fuite d'huile au niveau de la tête du moteur et, de plus, les contrôles de changement de vitesses et de freins arrière étaient vraiment inutilisables, car mal placés! Les derniers détails de finition et mise en marche sont souvent les plus longs à régler, pour terminer une restauration. Ce n'est que l'été prochain que je vais enfin pouvoir l'essayer! Par contre, je sais déjà que cette moto ne sera pas très confortable pour faire des sorties, car la position de conduite est vraiment conçue pour la course! Mais bon, juste le plaisir de posséder cette moto de légende et d'entendre la musique qui sort de ses échappements, lors d'une petite ballade, me fera oublier le reste! J'ai aussi l'intention de me rendre au rassemblement de l'INOA (International Norton Owners Association) en juillet prochain, dans le Vermont. Elle a assez fait de garage comme çà, elle doit maintenant se montrer en public !

Claude Carrier, Ville de Québec

FICHE TECHNIQUE de la Triton 1961 de Claude Carrier

ANNÉE 1961
PAYS Angleterre

MOTEUR TRANSMISSION :
MOTEUR Triumph T120R
CYCLE 4-temps
DISTRIBUTION culbutée, soupapes par cylindre : 2
CYLINDRÉE 650cm3 (71 x 82 mm) 40 cu. In.
PUISSANCE 46 bhp 6500 rpm.
CARBURATION 2 Amal, Type 930
ALLUMAGE Pazon (électronique)
DÉMARRAGE kick
TRANSMISSION 4 vitesses (RPM @ 10MHP in Top Gear................... 638 RPM)

PARTIE CYCLE :
CADRE Norton Atlas "Featherbed, étroit (slimline), de 1965
FOURCHE Norton Roadholder
SUSPENSION AR deux amortisseurs Girling
ROUES AV 19 po, AR 18 po
JANTES Akron en aluminium
PNEUS Avon Super Venon AV (100/90/N19) ; AR (110/90/N18)
FREINS AV Norton (twin leading shoe) ; AR Triumph conique (style Norton Manx)
DIMENSIONS :
POIDS À SEC 159 kg (350lbs)
VITESSE MAXI 120 mph (193 km/h)
CAPACITÉ DU RÉSERVOIR 5 gal.

 

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