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La chronique : Les motos, elle connaît ça! La sportive des années 70

1972, c'était l'année du Watergate, les américains s'enlisaient au Vietnam, John Lennon lançait Imagine. Le Québec découvrait René Simard, le stade olympique n'était encore qu'un budget ... de $310 millions et une maquette dévoilée à la presse,

KAWASAKI 750 H2, la sportive des années 70

Par Claire MARTIN, www.epopeedelamoto.com

1972, c'était l'année du Watergate, les américains s'enlisaient au Vietnam, John Lennon lançait Imagine. Le Québec découvrait René Simard, le stade olympique n'était encore qu'un budget ... de $310 millions et une maquette dévoilée à la presse internationale en avril!

Honda avait révolutionné le monde de la moto en 1969 en sortant la CB 750, Kawasaki avait sorti la même année la très « brute de décoffrage » 500 H1. Issue de cette dernière, arrivait en 72 la sulfureuse Kawa 750 H2 dans sa magnifique robe bleue électrique! Rivale de la Honda CB 750 mais à un coût beaucoup plus abordable, elle avait aussi une vocation beaucoup plus sportive. C'était le bargin, l'engin parfait pour qui ne veut pas passer inaperçu. Panache de fumée bleue à chaque coup de gaz, des décibels à revendre, véritable championne du 400 m départ/arrêté et de la roue arrière, cette moto était pourtant bourrée de défauts, mais avouez que vous ne l'avez jamais oubliée! Véritable gloutonne, elle consommait 15L/100 km (18.8 milles/Gallons), vibreuse à souhait, et comme beaucoup de japonaises de cette époque elle était équipée d'un cadre beaucoup trop souple pour la puissance qu'elle délivrait lui conférant une tenue de route incertaine particulièrement dans les courbes. Enfin, en bonne machine 2 temps elle disposait d'une bande de puissance aussi étroite qu'explosive, véritable syndrome du tout ou rien! Machine puissante mais difficile à dompter, peu sont ceux qui ont réellement su tirer le meilleur de la bête. C'était l'engin par excellence pour qui voulaient baucher. D'ailleurs, chaque village comptait son casse-cou, le rebelle, l'homme à battre dont le nom circulait et des drags de rues étaient organisés à grandeur de la province. Certes, la H2 bénéficiait d'une garde au sol améliorée par rapport à son aînée la Kawasaki H1 500 mais malgré ça, la plupart des propriétaires de H2 changeaient le guidon pour un flatbar de façon à transférer un peu plus de poids sur la roue avant.

Le choc pétrolier de 1973 mettra un terme à la fête et en octobre 1975 la H2 sera retirée des catalogues. La plus sportive des motos de série aura été à la base de toute une génération de pilotes. Elle est désormais une pièce rare, recherchée des collectionneurs. L'Épopée de la Moto de St-Jean-Port-Joli possède un modèle 1972, la première, considérée comme la meilleure et la plus belle.

Au Québec deux coureurs ont su tirer le meilleur de cette boule de nerfs et d'acier.

Quand Kawasaki sort les deux bombes 3 cylindres 2 temps que furent la 500 H1R et la 750 H2R, elle a besoin de pilotes experts pour mener de tels engins. Elle fait appel à Yvon Duhamel qui se joint à l'équipe d'usine aux cotés de Gary Nixon et Art Baumann. Il ne tarde pas à prouver qu'il est un des rares pilotes au monde capable de maîtriser l'engin. En 1971, il récompense Kawasaki en lui donnant sa première victoire AMA à Tallageda, Alabama. De 1971 à 1973 Duhamel est le meilleur pilote Kawasaki et ne donne pas moins que cinq victoires nationales à l'écurie au guidon de la H2R dont deux à Tallageda, une à Road Atlanta, une à Charlotte en Caroline du Nord et une à Ontario en Californie. La H2R et sa couleur vert pomme restent donc profondément associées au nom du champion.

La version course dérivait en droite ligne du modèle de série souffrant de défauts similaires avec les conséquences qu'on imagine lors des premières sorties sur piste. Elles devinrent de plus en plus rapides au fil des courses. Les motos n'étaient pas encore truffées de capteurs et les optimisations se faisaient en fonction du senti du coureur, de la casse et des compétences du préparateur, une autre époque!

Pendant ce temps près de Québec à Charlesbourg, le jeune André Dion rêvait de suivre les traces de son idole Yvon Duhamel, et rassemblait ses économies pour s'acheter une H2 de série. Il avait la fougue de la jeunesse. A l'affût des drags de rue, il aimait en découdre lors de ces compétitions ce qui l'a finalement poussé, en mai 1976, à tenter l'épreuve de vitesse sur le quart de mille à Napierville. Il venait de découvrir sa place : sur la piste! Avec l'accélération la H2 ne demandait qu'à lever, qu'à cela ne tienne, en 1977 il court le quart de mille au complet sur une roue à la vitesse de 89 mph. Il répète ensuite l'exploit l'améliorant à chaque fois pour atteindre 98 mph en wheelie, et 105 mph sur deux roues. Ce n'est qu'en 1985 qu'André réalise qu'il existe un record mondial dans ce domaine. Il s'y attèle au guidon d'une Yamaha FZ750, le pulvérisant à Sanair en 1986. Puis Richard Gref remarque le coureur et lui fourni, par le biais de Moto Internationale, une Suzuki GSX1100 avec laquelle il améliorera par trois fois son propre exploit atteignant 130 mph en 1987. Désormais à la retraite de la compétition, André Dion insiste sur le fait que sans la Kawasaki H2, il n'aurait probablement jamais connu une telle carrière. Certes, les quatre records du monde n'ont pas été établis avec la Kawa H2, mais si le chemin du pilote n'avait pas un jour croisé cette motos aux performances étonnantes, rien du reste ne serait sans doute arrivé.

Le Québec a ainsi prouvé durant ces années, que ses coureurs étaient capables de piloter au plus haut niveau mondial les machines les plus exigeantes!

Pour bien des nostalgiques la H2 restera comme l'incarnation parfaite des années 70!

Caractéristiques techniques de la Kawasaki 750H2

Bloc-moteur trois-cylindres deux-temps face à la route avec admission par la jupe du piston
Cylindrée : 748 cm3
Alésage course : 71 X 63 mm
Rapport volumétrique : 7 :1.74 ch à 6 800 tr/min et 7,9 mkg à 6 500 tr/min
Alimentation : trois carburateurs Mikuni VM  30 mm
Allumage électronique
Graissage séparé Injectolube par pompe à piston synchronisée à la commande des gaz
Transmission primaire par pignons à taille droite, secondaire par chaîne
Embrayage multidisque dans l'huile à commande mécanique
Boîte de vitesses à cinq rapports
Cadre : tubulaire double berceau en acier
Suspensions AV/AR : fourche hydraulique/oscillante à deux amortisseurs
Freins : disque à l'avant; tambour à l'arrière
Réservoir de 17L
Poids : 192 kg à sec (213 kg avec les pleins)
Vitesse maxi : 200 km/h et 121 au 400 m DA.
Production : 47 481 H2 toutes versions confondues

Les versions :

750 H2 (1971-1972) bleue ou or
750 H2A (1973) or ou violet métal
750 H2B (1974) bicolore vert foncé avec bande vert clair ou brun métal avec bande or
750 H2C (1975) pourpre/rouge ou violet métal deux tons

 

 

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