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Patricia, raconte-nous une histoire! Ce mois-ci : une jeune Seigneuresse de Lotbinière

De 1627 à 1854 la mise en valeur du territoire québécois, s'est effectuée sous une forme d'organisation appelée « régime seigneurial ». Les terres étaient concédées à un « seigneur » qui avait la responsabilité de son développement et son peuplement.








Seigneuresse de Lotbinière

De 1627 à 1854 la mise en valeur du territoire québécois, s'est effectuée sous une forme d'organisation appelée « régime seigneurial ». Les terres étaient concédées à un « seigneur » qui avait la responsabilité de son développement et son peuplement. Mais qu'en est-il des seigneuresses?

« Les seigneuresses constituent des actrices méconnues de l'ancienne société rurale du Québec. Les femmes, on le sait, ne sont devenues sujets de l'histoire que depuis quelques décennies et l'histoire seigneuriale n'échappe pas à la règle. »
« Jusqu'au XIXe siècle, le travail est d'abord une affaire de famille et les femmes ne sont pas confinées aux tâches domestiques. Dans les familles seigneuriales comme chez les artisans, les paysans ou les marchands, les épouses, de même que les enfants, sont fréquemment impliquées. Il n'est pas rare de voir des femmes, le plus souvent des veuves, administrer une seigneurie. »(1)
Bien que cette période soit marquée par une société patriarcale et que la place des femmes semble limitée à la vie familiale, quelques études présentent des femmes qui se sont démarquées par leur gestion des affaires courantes de la seigneurie.
« Mineures, les filles sont sous la tutelle de leur père, mariées, elles sont sous la tutelle de leur mari et dans une situation d'incapacité juridique. Les célibataires de plus de 25 ans, les femmes mariées en séparation de biens, les marchandes publiques, les procuratrices, et surtout les veuves, peuvent échapper à cette règle. Le pouvoir des seigneuresses, si on peut le qualifier ainsi, est donc tout relatif et il s'exerce dans des conditions précises. » (2)

Plusieurs des seigneuries de la région ont été dirigées à un moment ou à un autre par des femmes. Cependant, peu de femmes héritent de seigneuries car des règles de successions particulières s'y appliquent afin d'éviter le morcellement du patrimoine seigneurial entre plusieurs enfants. Malgré quelques exceptions, la majorité des seigneuresses sont des veuves d'hommes influents qui étaient eux-mêmes seigneurs. Certaines administreront la seigneurie même lorsque leurs fils seront en âge de le faire.

Julie-Christine Chartier de Lotbinière, seigneuresse

Parmi la courte liste d'héritières de seigneuries par succession au Québec, se trouve Julie-Christine Chartier de Lotbinière. Issue de l'une des vieilles familles de la noblesse françaises qui resta au pays après la conquête, et en l'absence d'héritier masculin, elle hérite de la seigneurie de Lotbinière au début du XIXe siècle.


Julie-Christine Chartier de Lotbinière épouse Pierre-Gustave Joly en 1828. Elle devient alors seigneuresse de Lotbinière.

Épouse de Pierre-Gustave Joly en 1828 et « Suivant les conseils avisés de sa mère, elle reste seule propriétaire de la seigneurie par son contrat de mariage en séparation de biens, mais confie à son époux la gestion de toutes les opérations seigneuriales et commerciales de la nouvelle famille. »(3) On peut penser que lors des fréquents voyages de son mari, Julie-Christine voyait aux affaires de la seigneurie avec le personnel sur place.

Au milieu du XIXe siècle, la famille construira la résidence d'été qui se trouve encore à la Pointe Platon. Une visite du Domaine Joly-De Lotbinière vous permettra de découvrir l'histoire, les valeurs et les intérêts variés d'une famille aisée à la fin du régime seigneurial.

Photo du domaine à venir

Patricia Côté
Coordonnatrice à l'accueil et à l'information

Sources :
(1)(2)
Benoit Grenier, Les seigneuresses, des femmes de pouvoir dans le Québec d'autrefois? Cap-aux-diamants, no. 106, p.13-16
(3) Hélène Leclerc, Domaine Joly-De-Lotbinière, Les guides des jardins du Québec, Ed. Fides, 2002. P.12-17

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