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Patricia, raconte-nous une histoire! Ce mois-ci : Le sucre du pays!

Le sirop d'érable est associé au plaisir. Le plaisir de celui qui le déguste, le plaisir de la visite de la cabane à sucre en famille ou le plaisir de la fin de l'hiver et des travaux du printemps dans l'érablière.

Le sucre du pays

Le sirop d'érable est associé au plaisir. Le plaisir de celui qui le déguste, le plaisir de la visite de la cabane à sucre en famille ou le plaisir de la fin de l'hiver et des travaux du printemps dans l'érablière. Derrière le côté festif de ce produit, le sirop d'érable représentant aussi, et depuis très longtemps, un revenu d'appoint important pour les producteurs agricoles de la Beauce et dans toute la région de la Chaudière-Appalaches.

Une longue tradition

« La tradition veut que les amérindiens en ait découvert le procédé. Ils faisaient bouillir l'eau dans des récipients d'écorce à l'aide de pierres rougies au feu. Les Européens perfectionneront la technique, en ayant recours à des chaudrons, ce qui permet d'atteindre le niveau de chaleur désiré pour transformer la sève en sirop, puis en sucre. »

Selon Honorius Provost, historien et archiviste de la Beauce,

« ...la première mention de production de sucre d'érable dans la colonie date de 1685. Par la suite le procédé se répand. On en trouve trace en Beauce dès 1764, dans l'inventaire après décès d'Étienne Raymond, où il est mentionné qu'il a produit 40 livres de sucre d'érable, valant dix sols la livre. »1

Des travaux de l'anthropologue et ethnologue Marius Barbeau nous apprend que le sucre du pays est de plus en plus en demande avec l'augmentation de la population dans les villes et le développement des nouveaux marchés.

«...les religieuses de l'Hôtel-Dieu de Québec achètent pour 20 livres de sucre d'érable en 1693. Un siècle plus tard, en 1786, leur consommation est la même. En 1838, cependant elle sera de 2198 livres. Cette progression s'explique peut-être par la crise qui traverse le Bas-Canada et qui oblige les habitants des villes à délaisser le sucre importé pour la production domestique. Cette croissance suit de près les transformations de la société. »2 En effet, le développement urbain important crée de nouveaux marchés pour l'agriculture.

Une dégustation de tire d'érable vers 1940 à St-Come. Fonds Germain Larivière (239-30) Société historique de Saint-Come

« Moment fort du printemps, le temps des sucres est une occasion de festivités et de rencontres. Garçons et filles fraternisent et souvent l'activité se termine par une course à savoir qui enduira le visage de l'autre avec de la suie. » 6

Source : Rénald Lessard et Pierre-C.Poulin, La Beauce, un esprit de famille, Les Éditions Gid, 2008, p.157

Une industrie s'organise

Afin de profiter du maximum de revenu possible de cette activité agricole d'appoint, quelques tentatives verront le jour pour transformer et commercialiser le sirop et le sucre d'érable. On en retrouve des mentions dès 1909 à Vallée-Jonction3 et ensuite au début des années 1920 à Beauceville.4

Le gouvernement de l'époque est aussi préoccupé par l'amélioration et de l'avancement des méthodes de fabrication du sucre et du sirop. Quelques écoles de formation sont crées, dont une à Beauceville en 1914. En 1918 à Sainte-Hénédine est crée la Société Coopérative des Fabricants de Sucre et de Sirops d'Érable du Québec. Lui succèdera en en 1925 la nouvelle coopérative des Producteurs de sucre d'érable du Québec qui commercialise encore aujourd'hui ses produits sous la marque Citadelle, à Plessiville dans les Bois-Francs. Malheureusement, le choix de l'emplacement pour la construction d'une deuxième fabrique cause des frictions. Les travaux pour la construction de la raffinerie débuteront en 1931 à Vallée-Jonction mais le projet ne sera jamais complété.

L'industrie se modernise

Dans les années cinquante, les produits de l'érable comptent pour plus de 8,6% des revenus des fermes de la région. « En 1951, on voit apparaître sur les marchés des boîtes de 26 oz qui remplacent le bidon d'un gallon. Ces changements stimuleront la vente du sirop sur le marché canadien en répondant aux exigences des consommateurs. »5

Selon les données 2010 de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, le temps des sucres en Chaudière-Appalaches, c'est 30% de la production mondiale de sirop d'érable et 40% de la production provinciale.

Alors faites vous plaisir et ce printemps, venez goûtez notre sucre du pays. Ici, on a tous (presque tous) un voisin ou un cousin qui a une cabane à sucre et maintenant que des recherches ont démontrées la valeur nutritive du sirop d'érable, on a bien peu de raison de s'en passer.

Patricia Côté
Coordonnatrice à l'accueil et à l'information
 

Notes :

(1), (2) et (4) Serge Courvilles, Pierre C.Poulin et Barry Rodrigue et al, Histoire de Beauce-Etchemin-Amiante, IQRC, 2003. p.375-383.
(3) Rénald Lessard et Pierre-C.Poulin, La Beauce, un esprit de famille, Les Éditions Gid, 2008, p.85
(5) http://www.citadelle-camp.coop/sirop-erable/Historique/1925---1950.aspx

 

 

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