1847, une année tragique

Réservez en ligne ou par téléphone au numéro sans frais 14182592140

Inscrivez-vous à notre infolettre et recevez nos promotions X

1847, une année tragiqueDu début du 19e siècle jusqu'en 1845, l'Irlande connaît un boom démographique sans précédent. Elle voit sa population passer de quatre à huit millions. Cet accroissement phénoménal cause un problème à la structure agraire. Les tenures devenant de plus en plus petites, une bonne partie de la population est poussée à maximiser sa production de patate afin de se nourrir. La baisse des tarifs agricoles, en 1815, augmente la précarité financière des ménages irlandais. De plus, à partir de la fin des années 1830, l'Irlande connaît une succession de mauvaises récoltes qui accentuent les problèmes alimentaires.

L'Europe, et plus particulièrement l'Irlande, est frappée dès 1845 par le mildiou, un pseudo-champignon s'attaquant aux plants de tomates et de pommes de terre. Au cours des années suivantes, l'Irlande connaît une terrible famine, la pomme de terre étant toujours l'aliment de base d'un fort pourcentage de sa population.

Ces événements provoquent une forte vague d'émigration vers l'Amérique du Nord et la constitution d'une diaspora irlandaise. Près de 100 000 immigrants, dont 95 % proviennent d'Irlande, arrivent au port de Québec. Ils fuient la Grande Famine autant qu'ils recherchent un avenir meilleur.

Grosse-Île, 1847, une année tragiqueLes autorités de la station de quarantaine tentent de répondre au besoin urgent de logements pour un nombre grandissant d'immigrants en accélérant la construction d'abris et la mise en place de plusieurs centaines de tentes à la Grosse-Île. Le secteur Ouest, ouvert en 1832, est rapidement surpeuplé. Les autorités de la station décident alors d'ouvrir et d'utiliser le secteur Est afin de loger le flux incessant de nouveaux arrivants et d'ainsi pallier le manque d'espace.

Malgré les efforts et le dévouement exceptionnel du personnel, la station vit la plus grande tragédie de sa jeune histoire : 5 424 personnes y sont enterrées cette année-là. Le typhus et la diphtérie sont les causes premières de ce taux de mortalité inhabituel. De nombreux employés présents sur l'île périssent également au cours de cette année en tentant d'aider les nouveaux arrivants.

De plus, des 100 000 immigrants quittant l'Europe vers le Canada, 20 % décèdent avant d'atteindre leur destination; soit en mer, à la Grosse-Île ou plus à l'ouest. Beaucoup d'enfants perdent leurs parents au cours de cette année. La plupart sont adoptés par des familles québécoises de la région. Ces orphelins gardent par contre leur nom irlandais.

Au total, pendant les 105 ans d'existence de la station de quarantaine, 7 553 immigrants sont enterrés dans un des trois cimetières de la Grosse-Île. Les décès de 1847 représentent donc 72 % de l'ensemble de la mortalité de toute l'histoire de la Grosse-Île.

Partenaires