Au printemps comme à l'automne, la région de la Côte-du-Sud en Chaudière-Appalaches est le point de rendez-vous de centaines de milliers d'oies sauvages qui offrent aux observateurs un spectacle à la fois unique et mystérieux. Les Grandes Oies des neiges de passage dans la région suivent le corridor migratoire de l'Atlantique, une autoroute aérienne qui les mène jusque sur les rives du Saint-Laurent. Elles forment une population qu'on ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde. La population actuelle de la Grande Oie des neiges a été estimée entre 755 500 et 874 000 oies lors du recensement du Service canadien de la faune au printemps 2005. Le secret de ce rassemblement se cache dans les battures. C'est sur cette étendue de vase que les oies viennent séjourner deux fois par année puisqu'elles y trouvent de la nourriture en abondance. La batture, c'est la partie du rivage située entre les marées basses et les marées hautes. La région de la Côte-du-Sud est d'autant plus choyée car c'est dans ce secteur que les plus fortes marées sont enregistrées le long du Saint-Laurent. À Montmagny, les plus grandes marées peuvent atteindre 6,5 mètres.
Saint-Vallier
Berthier-sur-Mer
Montmagny
Cap-Saint-Ignace
L'Islet
Saint-Jean-Port-Joli
Vous pouvez aussi agrémenter votre observation avec une visite au Centre des Migrations de Montmagny, un lieu consacré à la Grande Oies des Neiges.
Vous pouvez aussi effectuer l'observation des Grandes Oies Blanche des Neiges en compagnie d'un guide chevronné de la compagnie Ornitour.
Moment propice à l'observation
La variation de la marée ainsi que le moment de la journée influencent les déplacements journaliers des oies et, par le fait même, la qualité des observations. Les oiseaux profitent de la marée basse pour se nourrir des plantes qui sont normalement recouvertes par l'eau ce qui rend l'observation moins intéressante puisque les oies sont éloignées. À marée haute, les oies sont forcées de rejoindre le rivage et les observations sont alors à leur meilleur puisque vous avez la chance de les voir de très près. Elles peuvent au choix se reposer sur l'eau en attendant que la marée redescende ou bien gagner les terres agricoles pour s'y nourrir. Les oies, qui visitent les milieux agricoles pendant la journée, n'y passent généralement pas la nuit à moins que les terres soient inondées. En fin de journée, avec le coucher du soleil, les oies reviennent passer la nuit au fleuve puisque la proximité de l'eau leur offre une sécurité contre les prédateurs.
Migration
Chaque printemps, la Grande Oie des neiges quitte les sites d'hivernage sur la côte est américaine et se dirige vers l'Arctique canadien dans le but principal de nidifier. Le passage des oies dans la région de la Côte-du-Sud est une halte sur le trajet impressionnant qu'entreprennent les oiseaux annuellement soit près de 8 000 km. Environ 900 km séparent les sites d'hivernage aux États-Unis de la région de la Côte-du-Sud. Les oies parcourent cette distance sans escale, en quelques jours seulement, à une vitesse variant entre 55 et 95 km/h. De la mi-avril à la mi-mai, les oies séjournent dans la région dans le but de refaire le plein d'énergie. La seconde partie de leur périple représente environ 3 400 km que les oiseaux complètent en une semaine et demie pour atteindre les sites de nidification au début du mois de juin. À l'automne, les oies entreprennent le trajet inverse mais cette fois-ci, accompagnées de leurs jeunes âgés d'à peine 6 à 8 semaines. Bien que la femelle ponde en moyenne quatre oeufs, la taille des familles dans la halte du Saint-Laurent est de 2,5 jeunes. La halte migratoire automnale s'observe de la fin du mois septembre et tout au long du mois d'octobre jusqu'au départ des oies pour la côte est américaine.
Alimentation
À l'automne, dès leur arrivée dans la vallée du Saint-Laurent, les oies fouillent le sol boueux pour en retirer le rhizome ( tiges souterraines ) du Scirpe d'Amérique. Le Scirpe américain Scirpus americanus est la vedette incontestée du littoral et la nourriture de prédilection de la Grande Oie des neiges qui est un oiseau exclusivement herbivore. Elles se gorgent de cette plante en raison de ses qualités nutritives. Au printemps, les oies se nourrissent également des grains résiduels des champs de céréales. Vous pourrez par exemple les observer sur les terres agricoles près de la route 132 à Cap-Saint-Ignace.
L'Oie adulte
La Grande Oie des neiges adulte est entièrement blanche à l'exception des rémiges ( plumes du bout des ailes ) qui sont noires. L'envergure des ailes est d'environ de 1,5 mètre et il existe peu de différences externes entre le mâle et la femelle. Le poids moyen des adultes est de 3 kg. Les oies vivent en moyenne 8 ans. La coloration rousse de la tête et du cou de l'oie est due à la concentration de fer contenue dans le sol vaseux des rives du Saint-Laurent. En cherchant les racines des plantes aquatiques pour se nourrir, les particules de fer se collent au plumage et s'oxydent au contact de l'air.
L'Oie juvénile
Au printemps, mais plus particulièrement à l'automne, vous pourrez distinguer aisément les oies adultes des juvéniles. Le plumage des jeunes oies nées dans l'Arctique pendant l'été est gris. Au cours de leur première année, les jeunes oies vont muer pour devenir graduellement blanches. Le bec et les pattes qui sont noirs à la naissance deviennent lentement rose foncé et les juvéniles pèsent environ 2 kg à 2,5 kg.
L'Oie qui porte un collier
Certaines oies portent un collier jaune sur lequel on peut lire deux lettres et deux chiffres (exemple: JE57). Il s'agit d'une technique de marquage qu'utilisent les biologistes pour identifier à distance un oiseau sans avoir à le capturer. Cette technique permet d'obtenir de l'information sur le déplacement des oies, la durée de séjour, le statut de l'oiseau, etc. Les oies peuvent aussi avoir une bague métallique à la patte droite mais seulement les femelles portent le collier. L'installation se fait généralement dans l'Arctique canadien au moment de la mue lorsque les adultes sont incapables de voler.
La famille
L'automne est aussi un bon moment pour observerle réseau familial des oies. Ainsi, il n'est pas rare de pouvoir distinguer parmi un grand groupe d'oies sauvages un couple uni pour la vie suivi de trois ou quatre petits occupés à s'alimenter sous l'oeil attentif des parents. En effet, pendant que la famille s'alimente, les parents jouent le rôle très efficace de système d'alarme. Ainsi, vous remarquerez l'oie sentinelle qui se tient le cou bien étiré, à l'affût pour signaler l'approche du danger.
Source :
Guide d'Information sur l'Oie Blanche
Pour plus d'information:
WikiPedia sur les Oies Blanche des Neiges
Migration des Oies sur la Côte-du-Sud
Environnement Canada sur les Oies