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Tourisme Chaudière-Appalaches - Vacances au Québec
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Patrimoine religieux

Un patrimoine à plusieurs dimensions


 Le portrait de nos villes et de nos villages serait bien incomplet sans le clocher de l'église, le cimetière, le couvent et la route de campagne sans sa croix de chemin. Le patrimoine religieux est en effet constitué d'une multitude de traces qui nous rappellent notre héritage social, moral et religieux. Qu'elles soient immobilières, mobilières ou encore vivantes, ces traces évoquent aussi les fondements profonds de notre société.

En effet, alors que les églises, les chapelles, les couvents, les presbytères, les cimetières et les monastères sont venus inscrire les principaux points de repère physiques et moraux dans nos paroisses, les croix de chemin et les calvaires ont marqué et protégé nos territoires. À l'intérieur des chapelles et des églises, ce sont les œuvres d'art, les objets de célébration, les vêtements sacerdotaux et les orgues qui ont donné au culte un visage et une voix alors que les archives se sont chargées de compiler les activités paroissiales. Enfin, comment passer sous silence l'oeuvre des hommes et des femmes qui, par leur savoir-faire et leur pratique de la vie religieuse ont transposé leur foi à travers des gestes et appuyé la dimension humaine de la religion. Leurs gestes appris, transposés, puis transmis, constituent la dimension vivante de ce patrimoine.

Les pionniers


La religion a été marquante pour la société québécoise. Il faut préciser qu'au Québec, le catholicisme a été rapidement accueilli au sein de la colonie alors que les communautés religieuses se sont solidement implantées en Nouvelle-France. Investies d'un rôle social et communautaire, les religieuses de diverses communautés se sont partagées les domaines de l'éducation, des soins et des œuvres de charité. C'est ainsi qu'orphelinats, collèges, couvents, hôpitaux, cimetières, cloîtres, monastères, abbaye, églises, chapelles et presbytères ont pris place dans notre paysage. Ces ensembles institutionnels auxquels se sont greffées les résidences privées ont constitué les noyaux paroissiaux.

Les autres confessions


 Malgré la prédominance de la tradition catholique, on retrouve plusieurs confessions au Québec, souvent introduites par les immigrants. Ce sont les Écossais, les Anglais et les Irlandais qui se sont davantage illustrés sur ce plan. Parmi les diversités culturelles en marge de la pratique catholique, on note les églises protestantes, soit presbytériennes, méthodistes et anglicanes. Ces traditions ne se différencient pas que dans la foi et la pratique mais également dans l'architecture. À ce propos, précisons que les protestants ont construit bon nombre de lieux de culte au Québec qui diffèrent de la tradition architecturale catholique.

La cohabitation de différentes traditions religieuses a amené les catholiques à affirmer leur foi jusqu'aux abords des routes, marquant ainsi leur territoire au fer. Cette pratique a donné naissance, dès le 18e siècle, aux croix de chemin puis aux calvaires qui jalonnent aujourd'hui encore plusieurs de nos routes de campagne.

Enfin, la toponymie vient elle aussi marquer le territoire par ses noms significatifs, aux accents généralement catholiques tels que Sainte-Marie, Saint-Rédempteur, Sainte-Croix, Saint-Pierre-de-Broughton, Saint-Lazare, Notre-Dame-du-Rosaire, Saint-Jean-Port-Joli, etc.

En somme, si on reste le moindrement attentif aux traces omniprésentes autour de nous, on constate que nos villages et nos villes constituent de véritables livres d'histoire religieuse !

Un héritage profond


Bien que les traces physiques de la religion soient toujours perceptibles au sein de nos villes et de nos villages, il faut bien comprendre que le patrimoine religieux représente encore pour plusieurs d'entre nous un héritage moral. En effet, même si la pratique religieuse a perdu de sa popularité depuis les dernières décennies, il n'en demeure pas moins que les valeurs transmises de générations en générations, constituent des assises encore bien présentes au cœur des Québécois.

Le patrimoine religieux en Chaudière-Appalaches


Le patrimoine religieux présent en Chaudière-Appalaches est représentatif de ce qui s'est fait ailleurs à travers le Québec. Que ce soit par l'ensemble institutionnel de Saint-Joseph-de-Beauce, par les quatre églises de Kinnear's Mills, par le Festival du cinéma religieux et humaniste de Saint-Séverin, par le cimetière du Mont-Marie, par la visite animée « Des églises et des hommes » ou encore par le petit calvaire de la route Monseigneur-Bourget, les empruntes du passé religieux sont très apparentes en Chaudière-Appalaches. À vous de les découvrir !

Patrimoine immobilier


Au chapitre du patrimoine immobilier, la région de Chaudière-Appalaches possède plusieurs éléments remarquables. Sur les quelques 54 bâtiments classés par le gouvernement provincial, la moitié de ceux-ci sont issus du domaine religieux, ce qui démontre bien l'importance et la valeur de ce type de patrimoine dans la région.

Bien que chaque bâtiment ait son caractère unique et représente une richesse particulière pour sa collectivité, quelques cas méritent d'être soulignés dans la région. Parmi ceux-ci notons, du côté de Lotbinière, l'église de Saint-Antoine de Tilly et l'église de Saint-Louis-de-Lotbinière, toutes deux classées. Outre ces deux bâtiments, le territoire compte parmi ses trésors deux magnifiques calvaires sur le rang Saint-Eustache à Lotbinière et sur la route Marie-Victorin à Saint-Antoine-de-Tilly.

À Kinnear's Mills, dans la MRC de l'Amiante, on retrouve un magnifique ensemble qui illustre la cohabitation harmonieuse de diverses confessions religieuses. Le site historique des Églises de Kinnear's Mills est constitué de l'ancienne église méthodiste, de l'église Candlish United, de l'église Sainte-Catherine Labouré et de l'église Saint-Mark, toutes quatre situées à quelques mètres les unes les autres.

 À Lévis, la Chapelle Notre-Dame-de-Grâces située en plein ceour du site du patrimoine de Saint-Nicolas, l'église de Saint-Romuald-d'Etchemin et l'église Notre-Dame-de-la-Victoire méritent un détour.

Du côté de la Beauce, l'église de Sainte-Marie, le cimetière de Saint-Sylvestre, l'église anglicane de Saint-Paul-de-Cumberland et l'église de Saint-Georges Ouest figurent parmi les trésors beaucerons.

Un peu plus à l'est dans les Etchemins, le site historique des Pères Trappistes rappelle la présence religieuse locale.

Le territoire de Bellechasse n'échappe pas à la tradition et présente plusieurs lieux de cultes dont quelques chapelles de procession dans ses villages. À Saint Damien-de-Buckland se trouve le Centre historique de la congrégation Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours tandis qu'à Saint-Gervais, le Parc historique La Promenade des Soeurs met en valeur un ensemble institutionnel.

Sur la Côte-du-Sud, l'église de Saint-Jean-Port-Joli se démarque ainsi que l'église de Cap Saint-Ignace pourvu d'un orgue Casavant. Enfin, le site historique de Saint-François-de-la-Rivière-du-sud présente également un ensemble institutionnel de grand intérêt aujourd'hui classé.

Par souci de préservation et d'utilité, quelques bâtiments religieux ont été recyclés afin de leur donner un second souffle. C'est le cas de l'ancienne église anglicane à Lévis qui s'est vue transformée en salle de spectacle. La chapelle du Collège de Lévis a elle aussi subi un changement de vocation alors qu'elle a été réaffectée en bibliothèque municipale.

Patrimoine mobilier


Bien que le patrimoine immobilier occupe une place prédominante dans le paysage québécois, il faut préciser que l'intérieur de ces bâtiments recèle plusieurs trésors un peu moins exposés au regard du public mais qui présentent un intérêt indéniable. À ce propos, le gouvernement provincial a classé dans la région 77 biens mobiliers et tous ces biens appartiennent à la famille du patrimoine religieux ! Ce corpus est principalement constitué d'éléments de célébration liturgique et d'œuvres d'art.

Tout comme les bâtiments, la préservation du patrimoine mobilier présente un défi de taille, surtout lorsqu'un lieu change de vocation. Dans la région, soulignons la restauration des vitraux de l'église Holy Trinity grâce à l'initiative de la Fondation Héritage Maple Grove. L'organisme a d'ailleurs été honoré lors de la remise des prix du patrimoine en 2005. En plus des églises, qui sont de véritables musées d'art religieux en soi, plusieurs institutions ou organismes organisent et présentent des expositions d'œuvres d'art religieux. Notons à ce propos qu'on retrouve à Montmagny un Musée d'art religieux et une exposition permanente à même l'église de Cap Saint-Ignace. De plus, plusieurs visites guidées sont élaborées sur le territoire pour découvrir l'intérieur de nombreuses églises.

Patrimoine vivant


Bien que les traces physiques du patrimoine religieux soient nombreuses et imposantes, la dimension vivante, plus subtile, constitue une force indéniable de l'héritage religieux. À cet effet, ce sont les communautés religieuses qui sont particulièrement tributaires des gestes et des traditions reliées à la pratique religieuse. Tantôt, ce patrimoine vit à travers les doigts exercés de la religieuse qui tisse les cheveux ou qui effectue le reprisage invisible, tantôt, c'est l'animation et le geste du prêtre célébrant. C'est donc les membres des institutions religieuses toujours actives en Chaudière-Appalaches qui font vivre ce patrimoine.

Liens utiles sur le patrimoine religieux

 

Source :
Isabelle Roy, Agente de développement du patrimoine
Ville de Lévis

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Dernière mise à jour : Jeudi 18 mars 2010

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